La vieillesse 



 « La vieillesse, c'est l'hiver pour les ignorants,
  et le temps des moissons pour les sages. »




___la vieillesse___

  « Les maladies qui frappent les hommes avant leur disparition doivent être considérées comme des épreuves d’amour destinées à les purifier en vue de l’au-delà. »
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 « Tu n’es plus sous la dépendance des hommes ; voilà pourquoi les hommes ne pourront pas améliorer ton état physique, ou si peu ! Vis tes souffrances en secret, vis ta montée spirituelle en silence. »
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 « En ce qui concerne ce vieil homme, attelez-vous déjà à son destin d'au-delà du passage, à sa re-naissance. Ne le rebutez pas, aimez-le tel qu'il est.

 Dans l'état pitoyable où est son effroi intérieur, son âme gelée vous est inaccessible : il est la brebis trop égarée sur Terre et que l'âge a isolée de toute compréhension et n'est récupérable que dans les pâturages célestes. À moins qu'il ne modifie sa façon de vivre, trop attachée aux objets, à la terre, au monde matériel... La maladie, la souffrance dans sa chair, pourraient être un chemin de grâce. Ce serait alors un signe pour vous [de pouvoir commencer à lui parler]. »
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 « On voit parfois des vieillards ayant passé toute leur vie dans le péché, imiter dans leurs vieux jours la voie d’hommes pieux. Ils prennent pour de la modération l’expression de leurs désirs affaiblis, et meurent sans véritable repentir. »

  L'écorce de votre âme doit aller en s’amenuisant à mesure que vous vous rapprochez de la mort.

 L’âge impose des ralentissements qui font que le cœur et l’intelligence se dénouent des désirs. Saluez l’avènement d’un autre monde qui pénètre en vous. Ainsi sevrés de l’activité humaine, vous avez le temps de vous recueillir.

 Acceptez d’être diminués, acceptez de rester en marge d’un univers qui déjà n’est plus le vôtre. Vos yeux dont la perception diminue, tournez-les vers le Christ. Des morceaux de votre existence s’ensevelissent car votre mémoire faiblit. L’œuvre de destruction commence son travail.

 Le vieillissement est l’inadaptation de plus en plus marquée à la vie humaine. L’amenuisement des facultés peut provoquer en l’être des dépouillements qui l’élèveront jusqu’aux plus hautes cimes. L’affaiblissement du corps peut provoquer des sursauts de sensibilité assez bouleversants pour faire affluer dans la conscience un flot de remords, larmes purificatrices qui tentent de racheter les fautes du passé.
 Tout ce que vous perdez humainement, il vous est donné, si vous le voulez, de le gagner en croissance spirituelle.

 Vieillir, c’est se dissoudre dans l’indéfinissable. Vieillir, c’est glisser dans le néant de la vie. Vieillir, pour certains, c’est entrer consciemment en Dieu tandis que, pour d’autres, ce n’est que ténèbres.

 Il y a aussi ceux qui sont frappés de confusion mentale. Ne vous empressez pas de juger ces brumes, elles sont peut-être le vide dans lequel Dieu s’insère.

 Ayez un grand respect pour ceux qui approchent de la mort.

 Lorsque le physique se dévitalise au profit d’une sorte d’état second, le commun des mortels qualifierait cela de vieillissement ; accepte leur adjectif, mais refuse ce qu’il implique de dégradé. A vrai dire, cet état est comme une exfoliation [ perdre ses feuilles, sa peau ] où l’être, dépouillé de l’inutile, perd ses feuilles mortes. Poussières de cellules qui meurent au profit d’une floraison qui s’épanouit au sommet. Vous nommez cela sénescence ou troisième âge, mais il vous reste à découvrir l’état mental dans lequel vous plonge cet amenuisement. L’euphorie de certains vieillards ne serait-elle pas le commencement du ravissement ? »



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 Le rôle de la vieillesse est de nous accompagner en douceur vers la fin de notre existence terrestre.
 Un passage qui sera pour beaucoup "le plus beau jour de leur vie".
« Songeons à cet immense bien qui nous attend, la mort. »

 Refuser le déclin progressif de nos sens qui nous prépare à l'incontournable échéance, c'est s'exposer à un départ dans l'affolement suivi d'un voyage dans l'angoisse, puis d'une stagnation entre deux eaux dans l'incompréhension, les regrets et les remords.
 Il faut se préparer à doucement à l'idée de tout laisser derrière soi, y compris et surtout les rancœurs. Voilà pourquoi j'accepte mes rides, les pertes de mémoire, la fatigue qui m'interdit tout gros travail, les douleurs des articulations, une baisse de ma vue, de mon audition...