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andis que la jeune fille s'engage dans la rue Sainte Catherine pour rentrer déjeuner, une voix la frappe comme la foudre.

 - Ah, te voilà, toi !

 L’homme-lion !



 « Eh bien, je t’ai enfin trouvée ! Tu vas payer pour ma roulotte, je te le dis. Tu vas me la rembourser !

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 - V… votre roulotte ?
 - Tu y a mis le feu, garce ! Le nieras-tu ? hurle-il en la saisissant par les bras.
 - Ne me touchez pas ! parvient à émettre Amélie saisie d'effroi.

 Des gens s'approchent, prudemment. Ils s'agitent, s'indignent mais l'homme est si impressionnant que pas un n'ose intervenir.
 La jeune fille se débat sous la poigne qui la soulève maintenant par la gorge, quand un homme, celui que l'on nomme dans le village, "le vagabond", s’interpose. De son autre main, le géant l'attrape au collet, et le repousse. Mais l'homme revient à la charge et, ceinturant le géant, parvient à lui faire lâcher prise. L'échange de coups et les roulades qui s'ensuivent élargissent rapidement le cercle des badauds.



 À peine dans son logis, Amélie verrouille soigneusement la porte et la fenêtre et s’effondre sur son lit en pleurant à chaudes larmes.







Après un court sommeil, la sensation d’une présence lui fait brusquement ouvrir les yeux et lever la tête.
 Le lutin, est là, assis sur une chaise, les jambes pendantes, attendant son réveil.

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 - Co… comment es-tu entré ? s'alarme-t-elle en allant vérifier la porte.

 Elle la trouve fermée à double tour, la clé dans la serrure, telle qu'elle l’avait laissée. Le lutin embarrassé, croise, décroise ses petites jambes tandis que la jeune fille l'observe, partagée entre perplexité et méfiance.




 Le petit-homme l'a certes tirée d'un mauvais pas, mais par quel tour s'est-il introduit dans sa chambre ?... Est-ce un voleur ?... Amélie ne sait plus quoi penser.

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 - Le forain. Tu sais, la brute qui... Il m’a retrouvée !

 Avec un hoquet, elle essaie de poursuivre.
 « Il...

 - Oui, il t'a agressée et celui que vous appelez "le vagabond" l'a mis en déroute. Mais il a réussi à découvrir où tu habitais.

 Amélie ouvre des yeux épouvantés.

 « ...Ce qui lui a permis de déposer plainte contre toi.

 - Quoi !!?


 - Mais tu n’as rien à craindre ! glousse le lutin que cette aventure amuse beaucoup. Je me suis présenté à la maréchaussée pour dire que c’était moi l’auteur de l’incendie. Ton "ogre", qui était en train de raconter son histoire, l'a d’ailleurs aussitôt confirmé.

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 - Mais... tu vas avoir tout plein d’ennuis ! geint la jeune fille.
 - En effet, exulte le lutin au comble de l'enchantement. En attendant mon jugement, ils m’ont emprisonné. Ils veulent m’envoyer au bagne.
 - Au…

 La tendre inquiétude d’Amélie empli de joie le lutin.

 - As-tu déjà emprisonné un songe ? Je peux disparaitre à volonté, me rendre invisible à vos yeux.
 - Mais... comment fais-tu ça ? demande-t-elle, épouvantée.

 Le lutin hausse les épaules.

 - Je ne sais pas vraiment. Je pensais que tout le monde pouvait le faire. Apparemment non.
 « Bon, en tout cas, rassure-toi, ils t’ont innocentée puisqu'ils ont leur coupable. Mais ce qu’ils gardent jalousement en ce moment, c’est... une geôle vide !

 La jeune fille ne sait plus si elle pleure de rire, de peur ou de soulagement.

 - C'est beaucoup d'émotions pour aujourd'hui. Mon Dieu, tu me rends folle. Qui es-tu au juste ? Tu ne me veux pas du mal, au moins ?

 - Le crois-tu ? demande tristement le lutin.

 Cette fois, Amélie éclate en sanglots.

 - Non, parvient-elle à articuler. Pardon.


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